mercredi 19 janvier 2011
mercredi 20 octobre 2010
Comment gérer les ressources agricoles de manière durable pour nourrir 9 milliards d'hommes en 2050?
Thème II Gérer les ressources terrestres
Chapitre 1 Nourrir les hommes
CONTEXTUALISATION:Comment gérer les ressources agricoles de manière durable pour nourrir 9 milliards d'hommes en 2050?
En 2010, la pop. mondiale est de 6,8 milliards d'habitants; depuis 1950, elle a triplé et elle dépassera sans doute les 9 milliards en 2050.Malgré cette forte augmentation, les hommes sont aujourd'hui mieux nourris qu'auparavant. Cependant, d'importantes inégalités subsistent:13% de l'humanité ne mange pas à sa faim, principalement dans les pays du Sud. Le Brésil, situé en Amérique latine, est un des pays les plus vastes et les plus peuplés de la planète;c'est une puissance émergente, dont le système agricole est ambigu, présentant des caractéristiques des pays du Nord et des pays du Sud.La situation alimentaire et agricole brésilienne reflète, en quelque sorte , la situation alimentaire et agricole à l'échelle mondiale.
La Terre devra nourrir 9 milliards d'hommes dans 40 ans...
Comment l'agriculture arrive-t-elle à nourrir une population croissante?
On étudiera le sujet en répondant aux questions:
-Comment assurer la croissance des productions pour faire face à l'augmentation de la pop.mondiale?
-Comment assurer la sécurité alimentaire en fournissant à tous une alimentation suffisante et de qualité?
-Peut-on développer des agricultures durables?
I. Comment nourrir des hommes toujours plus nombreux?
1.L'ensemble de la pop.mondiale augmente selon des rythmes irréguliers:(Nathan, 2006,p.64,doc.1/2)
-dans les Suds, la croissance de la pop.reste relativement forte(recul de la mortalité, natalité relativement élevée);la croissance démographique devrait se poursuivre pdt encore 50 ans, sur la base actuelle des données
-dans les Nords, croissance démographique faible, car transition démographique achevée
Conséquence:les problèmes alimentaires sont plus graves dans les pays du sud: malnutrition(20% de la pop. dans les Suds.)
2.Depuis 1960, la production agricole croît plus vite que la population(Nathan 2006,doc.1, p.69)
Les facteurs:
-mise en valeur de nouvelles terres par la déforestation(Brésil,Indonésie)
-accroissement des rendements, avec par exemple la Révolution verte en Inde(doc.2b, p.70 et 5 p.71), qui a permis à l'Inde de devenir auto-suffisante.
3.Les populations sont donc mieux nourries, disposant en moyenne de 2800 kilocalories/jour, sauf en Afrique subsaharienne, dont les pays sont en crise alimentaire, avec une disponibilité alimentaire quotidienne inférieure à 2400 voire 2000 kilocalories/hbt.(cf.Magnard 2010 p.72/73 et Nathan 2006, p.66,doc.3)
Cette situation nous rappelle que la sécurité alimentaire n'est pas tjrs assurée.
D'autre part des inégalités d'accès à la nourriture sont flagrantes à ttes les échelles:
-échelle mondiale:les pays du Sud souffrent le plus de sous-alimentation: dans les PMA (Pays les Moins Avancés), la ration alimentaire moyenne s'établit à 2150 kilocalories par jour.
-échelle nationale:12 millions de personnes sous-alimentées au Brésil, soit 6% de la population.(Magnard, p.67, doc.6)
-dans les pays riches:l'insécurité alimentaire est présente; on évalue à une dizaine de millions les personnes qui survivent en situation de sous-alimentation chronique.
Paradoxalement, des millions de personnes souffrent d'obésité, comme en Espagne (10% en France,25%aux États-Unis)(cf.Belin 2010,p.60,doc.4)
4.Que faire?
-étendre les terres cultivables en Afrique et en Amérique latine(90% des réserves en terres cultivables)alors que l'Asie ne dispose que de 10% des réserves en terres cultivables pour 64% pop.mondiale.
-augmenter les rendements par l'utilisation d'engrais et l'irrigation(JLM, 2006,p.65)
La croissance des productions a permis d'améliorer la sécurité alimentaire depuis 50 ans( productions de céréales-blé,maïs,riz-qui nourrissent ½ de l'humanité- ont quadruplé depuis 1960), mais celle-ci n'est pas assurée définitivement:il faudra encore doubler d'ici 2050 la prod.alimentaire .
Parviendra-t-on à assurer la sécu.alimentaire?
II. Comment assurer la sécurité alimentaire aujourd'hui et demain?
1.Quelle insécurité alimentaire au Sud?
-2008:émeutes de la faim dans 35 pays(Haïti,Egypte,Indonésie...)liée à la hausse des prix des produits alimentaires
-2010:la Russie suspend ses exportations de blé en raison de la canicule qui provoque un effondrement de ses récoltes.Pour la FAO, organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, l’interruption par la Russie de ces exportations de céréales crée «une situation sérieuse» sur le marché du blé ; et si la flambée des prix se poursuivait, elle pourrait causer des problèmes de sécurité alimentaire dans les pays pauvres.
Pourtant, il faut fournir à tous une alimentation suffisante en quantité et en qualité.
2.Quelles logiques ont les divers acteurs de l'agriculture face à cette nécessité?
a)Des États face à l'insécurité alimentaire
-le Mexique a amélioré la situation alimentaire par l'irrigation et l'apport d'engrais(Nathan, 2006,p.65)
-le Brésil a étendu sa superficie cultivable par les fronts pionniers(Nathan, 2006,p.72/73):on parle de solution extensive puis il a développé une agriculture d'exportation intégrée à l'agrobusiness.(cf.étude de cas et Nathan, 2006,p.73, doc.5)
-L'Inde a subventionné des semences améliorées,irrigué les sols et garantit les prix agricoles et soutenu les investissements des agriculteurs;c'est la Révolution verte depuis 1966.
Ce modèle fut un succès ; il s'est diffusé en Indonésie, Thaïlande,Viet-Nam...Chine...(Nathan 2006, p.71,doc.5);ces pays assurent leur sécurité alimentaire.
-La Chine(9% des terres arables ,20% pop.mondiale) achète des terres arables en Afrique et même au Québec:
-Les États-Unis,par les Farm bills et l'UE,avec la PAC, soutiennent leur agriculture. Les pays pauvres ne peuvent pas se permettre de telles dépenses, en particulier en Afrique.
b)Les firmes multinationales
-elles investissent massivement dans la production agricole(ex:Cargill au Brésil(doc.1b,p.74,jlm2006) et Monsanto en Argentine(doc.3, p.75,jlm2006)
Elles pratiquent une agriculture productiviste en développant l'agrobusiness:production agricole de masse intégrée dans des filières agroalimentaires(transformation,conditionnement,transport, distribution...)
-Les FMN achètent des terres arables:on parle d'agriculture « offshore »; acheter des terres arables à l'étranger est devenu un investissement stratégique pour des firmes comme Cargill, ou Monsanto(agro-alimentaire) ou encore Poweo en Ukraine(énergie, bio-carburants)
c)L'inconvénient de ces diverses politiques
la plupart du temps, elles font fi des petits producteurs qui sont évincés de leurs terres par les Etats ou les FMN, ou qui ne sont guère subventionnés comme en Inde avec la Rev.Verte.Il n'y a pas de respect de l'équité sociale.
Au XXI ème siècle, nourrir les hommes c'est répondre à un triple enjeu:produire plus et mieux, favoriser l'équité sociale, tout en préservant les sols et l'eau.
III. Pour développer des agricultures durables, quelles solutions?
Document :L’agriculture peut-elle nourrir le monde ?
Le ralentissement de la progression des rendements est en particulier dû au fait que les agriculteurs ne recherchent plus à présent le rendement maximum mais le rendement optimum (compte-tenu des contraintes environnementales).Il va donc falloir intensifier les productions dans les pays en développement ce qui rend l’irrigation indispensable mais la marge de progression est limitée. A partir des 275 millions d’hectares irrigués actuels (d’où proviennent 40% de la production agricole mondiale) on ne pourra guère aller au delà de 350 millions d’hectares à l’échelle de la Terre compte tenu de la raréfaction des ressources en eau. Il faudra en outre plus de pesticides, d’engrais etc...
Une solution pourrait être l’agriculture biologique mais elle ne représente que 1% des surfaces agricoles planétaires et affiche des rendements de 30 à 40 % inférieurs à l’agriculture traditionnelle. L’agriculture "bio" est cependant une approche intéressante qui peut apporter de bonnes idées à l’agriculture conventionnelle, mais elle ne peut pas nourrir la planète.
Les OGM et les biotechnologies sont d’autres pistes. La surface cultivée en OGM en 2008 représente 125 millions d’hectares sur la planète, surtout répartis dans les deux Amériques, en Chine et en Inde
On a souvent une image négative des OGM, avec de bonnes raisons. On peut avoir des doutes (scientifiquement fondés ?) du point de vue des consommateurs, mais les agriculteurs leur apparaissent de plus en plus favorables sur tous les continents....[...]Mais le problème le plus important ne réside pas dans les techniques de production. Le problème majeur et qui passe avant est celui de l’organisation des agriculteurs. Ils doivent investir en capital et en travail dans la production mais ils ne le feront que s’ils sont assurés d’un retour sur investissement. Il faut le leur garantir d’une manière ou d’une autre et c’est pourquoi de nombreux États ont mis en place des politiques agricoles fortes qui protègent leurs agriculteurs et leur assurent des prix minima. Ces politiques existent dans tous les grands pays producteurs, développés ou émergents mais elles n’existent pas ou trop peu en Afrique.
Jean-Paul Charvet , http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=1538 mardi 17 février 2009
1.a)Pourquoi les rendements progressent-ils lentement?les agriculteurs ne recherchent plus à présent le rendement maximum mais le rendement optimum (compte-tenu des contraintes environnementales)
b)Quelles sont les 3 solutions envisagées par l'auteur pour produire plus?
agric.bio,Ogm et biotechno
2.Que représente l'agriculture biologique?
1% des surfaces agricoles planétaires et affiche des rendements de 30 à 40 % inférieurs à l’agriculture traditionnelle.
3.Quel est le problème majeur pour produire de manière équitable?
celui de l’organisation des agriculteurs, qui doivent investir en capital et en travail dans la production mais ne le feront que s’ils sont assurés d’un retour sur investissement.
4.Quel continent semble le plus en retard concernant l'agriculture durable?
L' Afrique, alors que l'Asie applique souvent la Rev.verte.
1.Vers une agriculure durable
->ONU et FAO pour la promotion d'un dvpt agri et rural durable.
Mais aussi, l'homme devra adapter ses habitudes alimentaires, par exemple en consommant moins de protéines animales.
2.Quelles solutions?
a)De nouvelles formes d'agricultures:
-L'agriculture biologique:n'utilise que des apports naturels
MAIS
-couvre moins de 1% de la surface agricole mondiale
-rendements de 30 à 40 % inférieurs à l'agriculture commerciale
-coût de prod. élevé:n'est accessible qu'aux pop. Aisées.
-L'agriculture raisonnée respecte l'environnement en consommant peu de pesticides et d'engrais. Elle cherche à respecter sols et eaux.
Voir Nathan 2006, p.84/85
Travail préparatoire à faire chez soi, en s'appuyant sur le manuel, mais aussi sur une recherche Internet:
une partie des élèves relève les arguments pro-OGM, l'autre les arguments anti-OGM.
Puis débat sur les atouts et les inconvénients des OGM.
->Mise en commun, puis trace écrite:
Les OGM se développent actuellement dans 25 pays, mais, dans certains pays d’Europe, ils sont contestés et en Afrique beaucoup d’Etats n’en ont pas les moyens C’est une technologie qui a à peine plus de 10 ans. On est passé depuis 1996 d’1.5 millions d’hectares de terres cultivées en OGM à 125 millions aujourd’hui, soit 14 millions d’agriculteurs (dont 13 millions se trouvent dans des pays pauvres) qui y trouvent un intérêt. Aucune innovation technique ne s’est diffusée aussi vite depuis le néolithique, mais les OGM n’apportent rien aux consommateurs et les inquiètent. Pourtant l’Union Européenne qui a un gros déficit pour l’alimentation du bétail, en importe 30 millions de tonnes par an qui sont OGM à 60% pour le Brésil, à 90% pour les USA et à 98% pour l’Argentine. Si on décidait d’arrêter les importations de sojas OGM en Europe et donc les élevages industriels, l’Union Européenne devrait importer ses viandes de volailles et de porc du Brésil et des Etats-Unis ...
c)Changer les habitudes alimentaires
voir débat:Belin 2010, p.78/79
Objectif:
-par une alimentation moins carnée
-par la consommation de produits locaux, comme le réclament les locavores
d)Le problème majeur:l'organisation des agriculteurs
-Les producteurs doivent investir, mais leurs prix doivent être garantis par l'État:cette politique existe dans les pays développés (États-Unis et UE, par ex.), mais aussi dans les pays émergents (cf.Rév.verte en Inde, en s'appuyant sur le doc.5, p.71 du Nathan 2006) Cependant, un continent n'applique guère cette politique:l'Afrique.
-les petits producteurs des pays du Sud sont souvent expulsés de leurs terres par les Etats et les FMN.Pour préserver leurs revenus, se développe le commerce équitable, qui rémunère mieux le petits producteurs respectant l'environnement et ne faisant pas travailler d'enfants; mais ce commerce représente moins de 1% des échanges.
e)D'autres solutions:
-le dvpt de l'aquaculture(cf.Hatier 2010, p.65,doc.5)
-La FAO encourage l'agriculture de conservation pour protéger la terre de l'érosion et l'OMC reconnaît une agriculture de qualité(label ORIGIN)
jeudi 20 mai 2010
jeudi 29 avril 2010
mardi 6 avril 2010
samedi 27 mars 2010
jeudi 25 mars 2010
jeudi 18 mars 2010
vendredi 12 mars 2010
Croquis: LES ETATS-UNIS, SUPERPUISSANCE MONDIALE
LES ÉTATS-UNIS, SUPERPUISSANCE-cliquer sur le lien:
Les Etats-Unis dans le monde
Les Etats-Unis dans le monde
Comprendre le cours:L'ASIE ORIENTALE
Unité et diversité de cet espace multipolaire en expansion:
http://www.etab.ac-caen.fr/cleh/peda/histgeo/cours%20term/g6.pdf
http://www.etab.ac-caen.fr/cleh/peda/histgeo/cours%20term/g6.pdf
mercredi 10 mars 2010
samedi 6 février 2010
mardi 26 janvier 2010
Organisation de l'espace de la Région Rhône-Alpes
Voir le croquis "Organisation de l'espace de la Région Rhône-Alpes":
mercredi 23 décembre 2009
jeudi 17 décembre 2009
LE NOUVEL ORDRE MONDIAL DEPUIS 1991
Partie II Les Relations internationales depuis 1945
Chapitre III. LES ANNEES 1990 et 2000 : NOUVEL ORDRE MONDIAL OU DESORDRE INTERNATIONAL ?
A. UN MONDE DEVENU plus INSTABLE
1°) L’éphémère renouveau de l’ONU et l’interventionnisme américain.
a) Le renouveau de l’ONU
· Pendant la guerre froide, l’ONU a été paralysée par le droit de veto des deux grands. A partir de 89-91, tel n’est plus le cas
· En 1991, G. Bush père déclare :
« Maintenant nous voyons apparaître un nouvel ordre international.(…) Un monde où les Nations unies, libérées de l’impasse de la guerre froide, sont en mesure de réaliser la vision historique que de leurs fondateurs. »
· Le rôle de l’ONU s’accroît et suscite l’espoir d’un monde nouveau
· Les EUA sont réticents à lui accorder un rôle de premier plan
· Les Puissances moyennes prônent en revanche le multilatéralisme
1. Le droit d’ingérence
· En 1988, l’ONU reconnaît le « droit d’ingérence humanitaire »
· L’ONU met en œuvre un droit d’ingérence qui permet à la communauté internationale d’intervenir sans prendre en compte la souveraineté des états pour éviter les drames humanitaires en portant secours aux populations en détresse ou aux minorités opprimées et menacées.
· Difficile mise en œuvre cependant faute de forces militaires suffisantes
2. Les interventions de l’ONU
2.1. La guerre du Golfe en 1991 illustre ce renouveau de l’ONU
· Le 2 Août 1990 l’armée irakienne envahit le Koweït, l’annexe, et le transforme en une province irakienne.
· Une résolution de l’ONU autorise le recours à la force et donc une intervention militaire pour restaurer la souveraineté du Koweït.
· L’URSS vote toutes les résolutions de l’ONU contre Saddam Hussein son ancien allié : la guerre froide est bien terminée.
· C’est donc bien la communauté internationale qui répond à l’agression irakienne
· Le 17 janvier 91 les EUA à la tête d’une coalition de 29 nations déclenchent l’opération « tempête du désert » avec des bombardements massifs de l’Irak puis une offensive terrestre victorieuse.
· La victoire est totale. l’Irak est placé sous embargo et doit détruire ses armes de destruction massive, nucléaires et chimiques, sou le contrôle de l’ONU
2.1. D’autres interventions de l’ONU suivent
· En 10 ans, l’ONU intervient dans plus de conflits régionaux qu’elle l’a fait pendant les 45 premières années de son existence.
· Intervention en Somalie en 1992, pour mettre fin à la guerre des clans et à la famine qui l’accompagne dans un pays totalement déstructuré
· Intervention au Rwanda en 1994 où la France est autorisée à employer « tous les moyens » pour faire cesser le génocide des tutsis par les Hutus (800 000 victimes et 2 millions de réfugiés au Congo)
· Intervention à Haïti en 1994 pour renverser le président Aristide et rétablir la démocratie
3. Les avancées du droit international
· En 1993, l’ONU crée le Tribunal Pénal pour l’ex-Yougoslavie (En 2001, le dirigeant serbe Milosevic, arrêté, est traduit devant la Haute Cour)
· En 1994, elle crée un Tribunal pour le Rwanda
· En 2002, une Cour pénale internationale est créée pour juger les individus coupables de crimes contre l’humanité mais ni les EUA, ni la Chine, ni les états du Proche Orient ne reconnaissent son autorité.
b) L’évolution de l’interventionnisme américain
1. L’interventionnisme assumé d’une présidence à l’autre, mais avec des nuances
· George Bush : politique réaliste, action des EUA en concertation avec leurs alliés, mais pas d’exportation des idéaux US (suspension des relations avec la Chine après le massacre de la place Tien An Men en 89 qui fait 700morts, mais les relations commerciales continuent)
· Bill Clinton : limiter le recours à la force, mener une diplomatie du négoce et de la négociation
· G.W. Bush : user de la supériorité militaire américaine et ne pas les laisser entraver par l’ONU, imposer la démocratie de l’extérieur
2. Une diplomatie de plus en plus unilatérale
1.1. Absence de rivalité pour les EUA à la surface du globe
· Les EUA ont désormais un statut d’hyperpuissance et aucun autre état du monde n’est en mesure de rivaliser avec eux.
· Russie affaiblie cantonnée dans un rôle régional : elle a même du mal à assumer sa doctrine de « l’étranger proche » formulée en 1993 (droit d’intervention dans l’espace correspondant à l’ancienne URSS)
· Chine en ascension mais tournée essentiellement sur des préoccupations de développement économique et social
· Japon, grande puissance économique mais toujours nain politique
· UE divisée sans véritable politique extérieure et de défense commune
1.2. Une volonté de protéger prioritairement les intérêts américains
· Sanctions unilatérales à l’encontre des pays qui selon les EUA menacent la paix du monde (embargo sur le commerce avec l’Iran ou la Libye)
· Refus de ratification d’accords internationaux :
· Refus du protocole de Kyoto de 1997 pour la réduction des gaz à effet de serre qui risquerait de pénaliser l’industrie américaine
· Refus de reconnaître la nouvelle Cour pénale internationale de 2002
3. Les interventions dans le monde
· Les EUA sont le plus souvent le bras armé de l’ONU (Somalie, Haïti)
· L’OTAN leur permet de conserver un rôle dans le maintien de l’ordre en Europe (conflit yougoslave : Bosnie et Kosovo)
2°) Des menaces nouvelles
a) Les replis identitaires : un monde de plus en plus éclaté
· La disparition du conflit idéologique entre libéralisme et communisme et les menaces réelles ou supposées d’uniformisation culturelle par la mondialisation ont fait resurgir au premier plan les préoccupations identitaires :
· Religieuses : cf. instrumentalisation de l’Islam par les intégristes, conflit entre Hindous et Pakistanais
· Nationalistes : cf. ex-Yougoslavie
· Ethniques : Afrique noire
· Linguistiques
· Le communautarisme, expression de ce repli identitaire est un véritable fléau
· Il se traduit par l’exclusion de l’autre et génère immanquablement de la violence.
· Il se traduit par l’affaiblissement des états, par l’implosion des états multiethniques, par la multiplication des guerres civiles
b) La prolifération des armes de destruction massive
1. Le marché des armes conventionnelles continue à bien se porter
· La multiplication des conflits pousse de nombreux états à dépenser davantage pour s’équiper (Moyen-Orient, Afrique)
· Nombre de dictatures dans le monde ont partie liée avec l’armée qui les soutient et maintient l’ordre ; elle est donc l’objet de toutes les attentions et des faveurs des dictateurs.
· Vente à bas prix par la Russie des équipements militaires classiques qu’elle ne peut plus entretenir en direction des pays pauvres
2. L’extension du risque nucléaire : le problème de la dissémination
· Exportation de chercheurs et de scientifiques largement mieux payés à l’étranger : dissémination des secrets et de la technologie nucléaire ?
· Possibilité de mise au point de « bombes sales »
· Officiellement il existe 5 puissances nucléaires : les cinq grands
· En réalité d’autres pays ont acquis l’arme nucléaire : Inde, Pakistan, Israël
· D’autres ont cherché (Irak) ou cherchent à l’obtenir : Iran, Corée du sud
3. La dissémination des armes chimiques et bactériologiques
· Technologie beaucoup moins sophistiquée que le nucléaire
· Armes de destruction massive des pays pauvres (Iran, Libye, Irak)
c) La permanence et l’aggravation de la menace terroriste
· Permanence : autrefois lié à l’extrême gauche (Brigades rouges italiennes, Bande à Bader en RFA) dans les années 70 ou au mouvement palestinien (Arafat ; attentat des JO de Munich, détournements d’avions…) ou à la guerre du Liban (prises d’otages) ou encore à l’action d’états terroristes (Libye de Kadhafi)
· Aggravation : dimension de plus en plus transnationale et montée de l’islamisme : (voir ci-dessous, dans le B. et le C.)
3°) La multiplication des conflits locaux dans le monde
a) Le conflit de l’ex-Yougoslavie : le retour de la guerre en Europe
· voir cours sur l’Europe de la construction européenne à la réunification :1945-2005
b) Le Proche et le Moyen-Orient : zone de turbulences et de tensions permanentes
· voir cours spécifique sur la question du Proche et du Moyen-Orient
c) Le conflit indopakistanais : un conflit récurrent.
d) l’Afrique déchirée
1. Une instabilité politique permanente
· Coups d’état fréquents : Mali 91, Niger 96 et 99, Congo-Brazzaville 1997
· Guerres civiles interminables (Sierra Leone, Libéria, Côte d’Ivoire, Nigeria, Soudan)
· Génocide de la minorité tutsie en 94 au Rwanda
· Racisme anti-blanc du régime du Zimbabwe
2. Sur toile de fond
· D’impuissance politique : incurie et corruption des gouvernements locaux, excès des dépenses militaires, dette paralysante
· De sous-développement endémique
· D’épidémie de SIDA et d’accroissement de la mortalité
B. LA CONTAGION DE L’ISLAMISME
· Quelques précisions de vocabulaire
· Le terme Islam : Il signifie « soumission » et constitue le nom de la religion qui se définit par la référence au Coran (Al Quram : la récitation) qui représente, selon les musulmans, la parole de Dieu transmise par l'Archange Gabriel au Prophète Mahomet, dernier des envoyés divins.
· Le terme « musulman » qualifie un adepte de l’islam.
· « L’Oumma » est la communauté des croyants : elle abolit les frontières des Etats au profit d'un espace géopolitique appartenant au peuple de Dieu.
· Ne pas confondre arabe et musulman : une grande majorité des arabes est de confession musulmane , tous les musulmans ne sont pas arabes.
· Le terme « islamiste » est synonyme d’intégrisme islamique, qu’il s’agisse d’un individu, d’un groupe ou d’un pays.
· Ce n'est pas une doctrine théologique mais un concept qui désigne l'utilisation politique de l'Islam.
· Il s’agit d’imposer à la Société et à l'Etat d'un pays le modèle rigoureux de l'Islam originel par la refonte des normes juridiques et politiques en vigueur en fonction de la Charia (loi islamique).
· Le terme « islamique » est ambigu : il est parfois synonyme de musulman, mais un régime islamique est en fait un régime islamiste…
· Le Fondamentalisme est la volonté du retour aux textes fondamentaux de l'Islam dans une lecture littérale
1°) La nature de l’islamisme : qu’est ce que l’islamisme ?
a) L’islamisme se veut une réponse à la faillite des idéologies antérieures
· Alternative à l’échec du nationalisme qui a assuré l’indépendance mais n’a pas apporté le développement.
· Alternative au panarabisme qui a totalement échoué lui aussi.
· Alternative au capitalisme et au matérialisme impie, avec un rejet tout aussi viscéral de la modernité culturelle qu’il engendre et qui balaye les valeurs traditionnelles.
· Alternative à la crise globale du communisme et à l’échec des voies socialistes de développement (cf. désastre économique de l’Algérie)
· La révolution islamique va couper les ponts avec les deux civilisations prises jusqu’alors pour modèle et cela va évidemment avoir un effet déstabilisateur sur le monde.
· L’islamisme considère avoir joué un rôle capital en Afghanistan dans l’effondrement de l’URSS et du communisme (L’armée rouge quitte l’Afghanistan en 89 et le mur de Berlin s’effondre quelques mois plus tard). Il s’agit donc ensuite de s’attaquer aux Etat-Unis, à Israël et à l’Occident.)
b) Un dangereux extrémisme religieux et politique
1. L’intégrisme islamique ou fondamentalisme islamique
· Il faut respecter scrupuleusement l’intégrité de la tradition islamique, lui rendre toute sa force, et s’en tenir à une interprétation littérale du Coran.
· La Charia, c’est à dire la loi islamique, doit être source de toute législation : non seulement le Coran doit régir le comportement religieux, mais il doit aussi constituer un code pour la vie sociale et politique, être en la matière la référence exclusive.
· L’islamisme est caractérisé par le fanatisme et l’intolérance et il porte donc en lui-même l’action violente et terroriste :
· Les ennemis de l’islam, les hérétiques et les infidèles doivent être éliminés par la guerre sainte, la « Jihad » : ou ils se convertissent ou il meurent.
· Aux martyrs de cette cause les imams promettent le paradis.
· L’islamisme est largement réactionnaire,
· La référence à la société mythique des premiers temps de l’Islam est constante : les islamistes se veulent les défenseurs des valeurs originelles de l’Islam
· Le rejet de la pensée scientifique est total, de même que celui de la démocratie et de la liberté considérées comme des inventions humaines contraires au Coran
· Sujétion totale des femmes,
· Rejet de la mixité, de l’alcool, du tabac, des jeux de hasard, de la musique, du cinéma
· L’antisémite est érigé en valeur fondamentale.
2. Une stratégie expansionniste
· Le prosélytisme est fondamental, la conversion, de gré ou de force, une nécessité absolue
· Une stratégie en trois temps
· Conquérir toutes les régions musulmanes pour y imposer l’intégrisme partout, en renversant les régimes dictatoriaux et corrompus considérés comme des ennemis de l’Islam (ennemi proche)
· Déstabiliser l’occident
· Par l’intermédiaire des communautés musulmanes qui y vivent en en prenant le contrôle (financement de mosquées, formation d’imams, associations caritatives et communautaristes locales)
· Par le terrorisme international et la guerre contre cet ennemi lointain : le Jihad
· Convertir l’Occident et le monde entier à l’islamisme pour instaurer partout des états islamiques sous l’autorité d’un califat mondial.
3. Une nouvelle forme de totalitarisme
· Après le communisme et le fascisme, l’islamisme constitue le troisième totalitarisme
· Mêmes pratiques dictatoriales et même absence de libertés
· Même pensée unique, même contrôle d’un parti unique, celui des religieux, sur l’état et la société
· Même usage de la terreur de masse comme moyen de gouvernement
· Même phraséologie révolutionnaire
· Même volonté de construire un homme nouveau
2°) L’expansion de l’intégrisme islamique
a) Un contexte porteur
· Développement sur fond de crise économique et sociale avec un chômage et un taux d’analphabétisme élevés
· Développement sur fond de sentiment d’humiliation du monde musulman, au moins dans le monde arabe, car ce n’est le cas ni en Turquie, ni en Extrême-Orient
· La corruption et l’autoritarisme des régimes politiques en place dans les pays musulmans interdisent toute forme opposition démocratique et la mosquée apparaît dès lors comme un refuge voire comme un espace de liberté.
· Opposition à Israël et aux EUA considérés comme le « grand Satan »
b) Des courants proches mais distincts
1. Le wahhabisme :
· Conception conservatrice, très dogmatique et particulièrement puritaine de l’Islam, mais sans contestation de l’ordre politique,
· En vigueur en Arabie, son berceau.
· Doctrine fondée par Abd Al Wahhab (1720-1792) censée être celle des "salafi" (successeurs de Mahomet)
· Les Wahhabites prônent le "tahrib" (la contrainte) pour imposer l’islam
2. Le Salafisme
2.1. Caractères d’ensemble
· De Salaf, ancêtre, il prône aussi le retour au chemin des ancêtres, aux valeurs les plus authentiques de l'Islam.
· Interprétation figée des textes sacrés, hostile à toute innovation.
· Il prend sa source dans le Wahhabisme mais il conteste l’ordre politique en place dans les pays musulmans.
2.2. Evolution et division
· Réformisme à l’origine (quant à ses méthodes bien sûr car réactionnaire sur le fond)
· « Les Frères musulmans »
· Association née en Égypte en 1927 qui introduit une véritable politisation de l’Islam et nourrit dès lors l’ensemble de la mouvance islamiste.
· Fondateur, Hasan al-Banna’ (grand père de Tarik Ramadan…)
· Essaimage dans l’ensemble du Proche-Orient arabe mais développement d’une organisation autonome et de stratégies spécifiques dans chacun des pays où ils se sont implantés.
· Essor du Jihadisme avec la guerre d’Afghanistan
· le Djihad qui, dans sa conception traditionnelle est d'abord un effort personnel et permanent que tout musulman doit faire sur soi-même pour se rapprocher de Dieu, devient pour le croyant un devoir personnel et impérieux de lutter contre les adversaires de sa religion.
· Le salafisme djihadiste est né au milieu des années 1980 en Afghanistan, à l’époque du djihad contre l’occupation soviétique
· Radicalisation avec refus de tout compromis avec les gouvernements qui n'obéissent pas aux vraies lois de l'Islam et appel à la guerre civile
· Evolution d’une stratégie de lutte contre l’ennemi proche (Jihad défini comme putsch armé) à une stratégie de lutte contre l’ennemi lointain (terrorisme et attentats-suicides)
· Exemples :
· Groupe « gama’a islamiyya » : stratégie de guérilla de proximité avec harcèlement et assassinats des représentants de l’autorité, des chrétiens égyptiens, des touristes, si possible israéliens.Le carnage de touristes à Louqsor en 97 coupe le groupe de ses derniers soutiens populaires
· Groupe Al Qaida : Ben Laden, le financier saoudien, et Zawahiri, l’idéologue égyptien (pour ce dernier, les jihadistes sont l’avant-garde éclairée et combattante de l’Oumma)
c) Les pôles de la subversion islamiste
1. Des états
· Dans le monde musulman chiite 3: l’Iran
· Une véritable révolution en 78-79 mobilisant les masses populaires deshéritées et les commerçants du bazar : c’est un cas unique car il n’y a aucun processus semblable dans le monde sunnite.
· Si l’ayatollah Khomeiny est mort en 1989, le régime a peu évolué depuis. Il souhaite constituer une espèce de croissant chiite de l’Iran au Liban en passant par l’Irak
· Dans le monde musulman sunnite4
· L’Afghanistan de 1996 à 2001
· L’extrémisme est poussé à son comble par le régime des talibans de 1996 à 2001, qui soutient activement le terrorisme international
· Mais le régime taliban, installé avec le soutien du pakistan et de l’Arabie Saoudite, et avec la bienveillance initiale des EUA, est démantelé par l’intervention américaine consécutive aux attentats du 11 septembre.
· L’Arabie saoudite est et reste le principal pôle subversif
· Allié des EUA : pétrole saoudien contre sécurité américaine
· Mais les dirigeants wahhabites financent les intégrismes musulmans et le terrorisme, qui se retourne aujourd’hui contre l’Arabie qui a ouvert la boîte de Pandore…. Ce sont aussi des capitaux saoudiens qui financent la plupart des mosquées en occident.
· De plus en plus d’états deviennent islamiques et appliquent strictement la charia
· Dans le monde arabe : Yemen, Libye …
· En Afrique noire :
· Le Soudan surtout : prise du pouvoir de Hassan El Tourabi en 1989 par un coup d’état ( plaque tournante du terrorisme international
· La Mauritanie aussi et expansion dans la zone sahélienne et destabilisation des états du golfe de Guinée ( Nigéria, Côte d’Ivoire …)
· En Asie méridionale :
· Pakistan (1977)
· Républiques d’Asie centrale issues de l’éclatement de l’URSS un peu plus tard.
2. Des mouvements d’opposition puissants dans les pays musulmans non-islamiques
2.1. Une vigoureuse répression par les forces politiques au pouvoir
· En Syrie en 1982, révolte des « Frères musulmans » de la ville de Hama en Syrie en 1982 (répression violente de Assad : 20 000 morts …)
· En Egypte les « Frères musulmans » assassinent le Président Sadate et multiplient les attentats pour faire fuir les étrangers et notamment les touristes, mais aussi contre le président Moubarak ; répression par le pouvoir
· En Algérie,
· le FIS5, travaille beaucoup à la base en menant un processus d’islamisation par le bas et en relayant les carences de l’état en matière d’éducation de santé…Il remporte les élections en 1992, mais est dissous par le pouvoir militaire qui impose l’état d’urgence.
· Les GIA6 prennent alors le relais en pratiquant le terrorisme. C’est alors une véritable guerre civile de dix années qui ensanglante l’Algérie qui bascule dans l’horreur : plus de 100 000 morts !
· En Tunisie, le président au pouvoir, mène une politique répressive efficace contre les mouvements islamistes.
2.2. Globalement, échec des jihad locaux.
· L’objectif premier du terrorisme, la conquête du pouvoir dans les pays musulmans grâce à la mobilisation des masses de l’Oumma galvanisés par l’audace du Jihad relayée par les moyens modernes de communication n’a pas réussi : aucune mobilisation conjointe des masses de la jeunesse urbaine pauvre, de la classe moyenne pieuse et de l’intelligentsia islamique n’en est résultée pour s’emparer du pouvoir
· La lutte des EUA contre le terrorisme a au contraire affaibli les positions des extrémistes ( perte de l’Afghanistan, affaiblissement des réseaux, pressions sur l’Arabie saoudite)
3. Une volonté expansionniste manifeste,
· Particulièrement visible en Afrique subsaharienne, notamment au Soudan et au Nigeria
· A partir de la Tchétchénie : en Russie, la Tchétchénie est devenue une plaque tournante de l’islamisme et du terrorisme international, mais elle se heurte à l’intransigeance totale de Moscou et à la fermeté de son président V. Poutine.
· En Bosnie, lors de l’éclatement de la Yougoslavie, véritable guerre qui aboutit au partage etnique du pays entre serbes et bosniaques.
· A partir des quartiers de banlieue en Occident
3°) Le terrorisme islamiste.
a) Une organisation en réseau.
· Des réseaux transnationaux clandestins et cloisonnés.
· Exemple : Al-Qaïda7, financé par le milliardaire d’origine saoudienne Ben Laden, qui est à l’origine de multiples attentats, surtout contre les intérêts américains et saoudiens.
· 1996 : déclaration de jihad contre les américains
· Fev 98 : Déclaration Ben Laden et Zawahiri :
· Création d’un « front islamiste international contre les croisés et les juifs »
· Appel à « tuer les Américains et les juifs partout où ils se trouvent »
· Le Londonistan désigne différents groupes et leaders islamistes qui sont venus s’installer dans la capitale britannique, des frères musulmans jusqu’aux salafistes djihadistes : c’est l’un des centres de l’internationale islamiste.
· Les groupes islamistes
· Développent dans un premier temps des activités caritatives pour étendre leur influence
· Noyautent communautés et mosquées avec des imams autoproclamés
· Utilisent les avantages et les faiblesses des démocraties occidentales et leur esprit tolérance pour s’épanouir et les combattre en vue de leur disparition.
· Une excellente maîtrise des techniques de communication modernes
· Les chaînes de télévision comme Al Jezeera, chaîne du Qatar, et autres chaînes arabes par satellite (cf diffusion de cassettes audio ou video de groupes terroristes)
· Une multitude de sites internet islamistes
· Transferts financiers par internet
· En fait une multitude de mouvements souvent hostiles les uns aux autres, une nébuleuse avec des rivalités internes nombreuses.
b) Le terrorisme instrument du jihad :
1. L’arme de l’attentat suicide.
1.1. Le terrorisme anti-juif
· Le Hezbollah libanais est créé en 82 à l’instigation des services secrets iraniens pour devenir leur bras armé dans le désordre libanais ; prises d’otages, attentats suicides.
· La méthode de l’attentat suicide est alors transposée en Cisjordanie et à Gaza par l’intermédiaire du Hamas et du Jihad islamique, et il est tourné contre les Juifs. La lutte palestinienne se transforme en jihad avec la seconde intifada nommé par Arafat « intifada d’Al Aqsa » en septembre 2000, véritable aubaine pour les jihadises.
· Le terrorisme anti-juif en Palestine a un côté immédiat et passionnel, face à un ennemi proche clairement identifié. Il recrute dans les milieux populaires
1.2. Le terrorisme anti-américain : la lutte s’étend à l’ennemi lointain
· Premier attentat contre le world trade center en 93
· Attentats contre les ambassades américaines à Dar-Es-Salam en Tanzanie et à Nairobi au Kenya le 7 août 98
· Attentat contre le navire de guerre USS Cole dans le port d’Aden
2. Le tournant du 11 septembre
· C’est différent pour le 11 septembre :
· L’ennemi est lointain, construit, figuré par le raisonnement de « l’élite » et des « intellectuels islamistes » ;
· Les futurs « martyrs » doivent être préparés soigneusement à cette tâche et leur volonté doit être totalement sous contrôle, comme dans une secte, ce qui suppose le lavage de cerveau qui va métamorphoser des étudiants ou intellectuels de classes moyennes en tueurs fanatisés travaillant dans la durée jusqu’au moment décisif.
· Les préparatifs sont de longue durée et nécessitent une organisation très stricte et performante.
· Utilisation de la soumission, de la sujétion au chef, avec obéissance absolue, dans tous les cas.
Conclusion partielle
· Cette montée de l’intégrisme est d’autant plus importante qu’elle est largement centrée sur le Moyen-Orient, c'est-à-dire dans une région très turbulente de la planète.
· Il s’agit à la fois d’un nouveau modèle de totalitarisme et d’une menace pour la paix dans la mesure où cette perversion de l’Islam est synonyme d’intolérance, de violence et d’expansionnisme… Il contribue donc largement à accentuer le désordre contemporain.
C. L’Après 11 septembre 2001.
1°) Les attentats du mardi 11 septembre 2001
a) Des attentats en série au cœur même des EUA,
· Ils sont perpétrés par Al Qaïda
· Ils touchent les symboles de la puissance américaine, au plan économique comme au plan politique, dans les deux capitales du pays
· Ils s’enchaînent en quelques heures seulement
· Les deux tours du World Trade Center de New-York, les « Twin Towers », sont percutées par deux avions de ligne détournés par des commandos kamikazes, à 8 h. 48 pour la première, 18 minutes plus tard pour la seconde. Les caméras de télévision retransmettent en direct la catastrophe. Elles s’effondrent quelques temps plus tard, à 9 h 55 pour la tour sud, à 10 h. 35 pour la tour nord
· C’est un symbole de la puissance américaine qui est frappé
· C’est aussi un symbole de l’Occident, de ses activités puisqu’une quarantaine de nationalités du monde industrialisé s’y côtoyaient
· A 9 h.47, un troisième avion s’abat sur le Pentagone à Washington et une partie du bâtiment s’embrase
· A 10 h.10 un quatrième avion s’écrase à Pittsburgh, suite au soulèvement des passagers, mais il était probablement destiné à Washington (Capitole : siège du Congrès)
b) Un bilan tragique
· 3000 morts environ, tous innocents !
· Un choc pire que Pearl Harbor
· Car ce n’est pas un acte de guerre d’un état contre un autre état et sur un objectif militaire : un petit groupe déterminé peut désormais acquérir et mettre en œuvre une capacité de destruction autrefois réservée aux seuls Etats
· Car jamais auparavant les EUA n’avaient été frappés sur leur propre territoire métropolitain : pour la première fois ils éprouvent un sentiment de vulnérabilité, leur territoire n’est plus un sanctuaire préservé.
c) Un tournant dans la politique américaine
· « America first » et « Sécurité d’abord » : les deux slogans qui inspirent la politique américaine depuis le 11 septembre.
1. « Sécurité d’abord » Les EUA s’estiment en état de guerre contre le terrorisme
· La seule réponse possible aux attentats est de frapper les ennemis potentiels des EUA là où ils sont installés.
· Les EUA dénoncent les états voyous et déclarent la guerre à « l’Axe du Mal » (Corée du Nord, Iran, Irak)
· Ils adoptent le principe de la « guerre préventive » indispensable selon eux pour prévenir de nouveaux attentats du type 11 septembre
2. « America first » : l’Amérique en premier
· Il s’agit pour eux de défendre unilatéralement leurs intérêts sans se soucier de l’approbation internationale,
· Ils entendent cependant regrouper autour d’eux des alliés s’alignant sur leur politique prétendant défendre un modèle de civilisation. En fait la politique américaine repose largement sur la thèse du « choc des civilisations » développée par Huntington et le courant néoconservateur américain (avec une analyse de même nature que celle des islamistes : la guerre inévitable)
2°) Les réponses militaires américaines : de l’Afghanistan à l’Irak
a) La guerre d’Afghanistan : 2001
· Riposte aux attentats revendiqués par Ben Laden qui s’abrite en Afghanistan avec la complicité du régime islamiste des talibans.
· Décembre 2001 : intervention militaire de quelques semaines, avec un très large soutien international
· Le régime des talibans est renversé, mais Ben Laden s’échappe et disparaît…
· Un gouvernement provisoire est mis en place et une force de l’ONU s’efforce de garantir la sécurité sur place, mais celle-ci persiste cependant et les rivalités tribales n’arrangent rien
b) La guerre d’Irak : 2003
· Sous le prétexte que l’Irak de Saddam Hussein disposerait d’armes de destruction massive menaçant les EUA et l’Occident et soutiendrait Al-Qaïda, le Pt Bush décide de s’attaquer ensuite à l’Irak.
· L’opinion internationale est très divisée sur l’opportunité d’une telle intervention
· Les EUA peuvent compter sur le soutien sans faille de la GB, sur celui de l’Espagne, de l’Italie, de la Pologne. 34 pays participent à la coalition sous égide américaine
· Ils se heurtent à l’opposition de la France, de l’Allemagne et de la Russie qui estiment qu’il faut faire prévaloir la diplomatie et l’ONU et ainsi tenter d’éviter la guerre.
· En fait il n’existe aucune arme de destruction massive en Irak …et il n’y a pas davantage de liens entre Saddam Hussein et Ben tenu : ce n’est là qu’une vaste entreprise d’intoxication par la propagande !... Un énorme mensonge et rien d’autre !
· Un rapide succès militaire :
· Mars 2003, attaque de l’Irak par une coalition militaire essentiellement américano-anglaise, dont la supériorité technologique est écrasante.
· Bagdad tombe aux mains des Américains le 9 avril après trois semaines de combat et le régime de Saddam Hussein s’effondre complètement.
· Ce dernier est capturé en décembre 2003
c) Les limites de la réponse militaire américaine
1. En Irak, c’est rapidement le désordre le plus total : l’enlisement n’est pas à exclure.
· La défaite du régime a en fait entraîné la dislocation totale de l’état et de l’administration ! C’est donc l’anarchie et les seules structures qui subsistent sont donc des structures religieuses qui se radicalisent …
· Incapacité des EUA à rétablir la situation économique, difficulté à instaurer la démocratie malgré le succès des élections du début 2005, difficulté à surmonter les rivalités entre chiites, sunnites et kurdes.
· Insécurité permanente du fait de la multiplication des attentats et des prises d’otages en Irak, car l’intervention américaine est considérée comme une nouvelle humiliation pour les Arabes et elle attire les terroristes et islamistes du monde entier, notamment le Jordanien Al-Zarkaoui, émule de Ben Laden
2. Le réseau Ben laden est très affaibli mais le terrorisme international continue,
· Il s’exerce d’une manière plus localisée mais toujours très spectaculaire:
· Dans un premier temps, attentats peu efficaces qui tuent surtout des musulmans ce qui déprécie l’image des salafistes jihadistes (Bali 2002, Casablanca 2003, Ryad 2003, Istanboul 2003)
· L’attentat de Madrid (2 ans ½ après le 11 septembre) constitue une reprise en main des opérations par des professionnels d’Al Qaida.
3. Les difficultés américaines dans la lutte contre le terrorisme
· Difficulté pour les EUA à identifier Al Qaida car c’est un réseau dont le centre est impalpable et non pas un état comme auparavant l’URSS ;
· Dans un premier temps c’est la destruction de la base afghane qui est privilégiée, puis pressions sur l’Arabie Saoudite, puis élimination de l’état voyou de Saddam Hussein.
· Cette stratégie est opérationnelle mais elle manque son objet : pas d’éradication d’ Al Qaida malgré son considérable affaiblissement
· Difficulté pour les EUA à identifier un ennemi qui ne se déclare pas, ne revendique rien, s’efforce de se fondre dans la masse des musulmans.
Conclusion
En 2005, bien des incertitudes encore, mais quelques germes d’optimisme
· La démocratie est susceptible de progresser au proche-Orient : élections libres en Irak, élections libres en Palestine après la mort d’Arafat, promesse d’élection présidentielle pluraliste en Egypte, renaissance d’un espoir de paix entre Israël et la palestine, hostilité des Libanais à l’occupation syrienne de leur pays… sans compter l’arrêt antérieur de la guerre civile en Algérie. Mais les hypothèques sur l’avenir restent très lourdes : Irak, Iran, Arabie
· Le salafisme jihadiste reste très dangereux mais le « Jihad » a aussi suscité la « Fitna » : division du monde musulman, chaos et affaiblissement et force est de constater que dans l’histoire contemporaine, le terrorisme n’a jamais réussi à mobiliser les masses et à l’emporter…
Le XXème siècle a vu se développer deux totalitarismes avec le fascisme et le communisme. Il fallut la secondce guerre mondiale pour éradiquer le premier, près d’un demi-siècle pour que le second s’effondre. Mais c’est à ce moment là que se développe une nouvelle menace totalitaire avec l’islamisme qui constitue une véritable déclaration de guerre et une menace sur la démocratie. Du devenir de cette menace dépend cependant d’abord le destin du monde musulman : progrès ou irrémédiable déclin ? En dépend aussi la paix à la surface du globe.
Le XXIème siècle semble devoir être celui de nouveaux géants. L’hyperpuissance américaine est désormais la seule à exister. De nouveaux pôles de puissance se développent rapidement au premier rang desquels la Chine, et dans une moindre mesure l’Inde. Quelle place l’Europe saura-t-elle trouver à côté de ces géants ? Mais le XXIème siècle, c’est aussi celui de défis considérables pour la planète, notamment celui du développement et celui de l’environnement.
Chapitre III. LES ANNEES 1990 et 2000 : NOUVEL ORDRE MONDIAL OU DESORDRE INTERNATIONAL ?
A. UN MONDE DEVENU plus INSTABLE
1°) L’éphémère renouveau de l’ONU et l’interventionnisme américain.
a) Le renouveau de l’ONU
· Pendant la guerre froide, l’ONU a été paralysée par le droit de veto des deux grands. A partir de 89-91, tel n’est plus le cas
· En 1991, G. Bush père déclare :
« Maintenant nous voyons apparaître un nouvel ordre international.(…) Un monde où les Nations unies, libérées de l’impasse de la guerre froide, sont en mesure de réaliser la vision historique que de leurs fondateurs. »
· Le rôle de l’ONU s’accroît et suscite l’espoir d’un monde nouveau
· Les EUA sont réticents à lui accorder un rôle de premier plan
· Les Puissances moyennes prônent en revanche le multilatéralisme
1. Le droit d’ingérence
· En 1988, l’ONU reconnaît le « droit d’ingérence humanitaire »
· L’ONU met en œuvre un droit d’ingérence qui permet à la communauté internationale d’intervenir sans prendre en compte la souveraineté des états pour éviter les drames humanitaires en portant secours aux populations en détresse ou aux minorités opprimées et menacées.
· Difficile mise en œuvre cependant faute de forces militaires suffisantes
2. Les interventions de l’ONU
2.1. La guerre du Golfe en 1991 illustre ce renouveau de l’ONU
· Le 2 Août 1990 l’armée irakienne envahit le Koweït, l’annexe, et le transforme en une province irakienne.
· Une résolution de l’ONU autorise le recours à la force et donc une intervention militaire pour restaurer la souveraineté du Koweït.
· L’URSS vote toutes les résolutions de l’ONU contre Saddam Hussein son ancien allié : la guerre froide est bien terminée.
· C’est donc bien la communauté internationale qui répond à l’agression irakienne
· Le 17 janvier 91 les EUA à la tête d’une coalition de 29 nations déclenchent l’opération « tempête du désert » avec des bombardements massifs de l’Irak puis une offensive terrestre victorieuse.
· La victoire est totale. l’Irak est placé sous embargo et doit détruire ses armes de destruction massive, nucléaires et chimiques, sou le contrôle de l’ONU
2.1. D’autres interventions de l’ONU suivent
· En 10 ans, l’ONU intervient dans plus de conflits régionaux qu’elle l’a fait pendant les 45 premières années de son existence.
· Intervention en Somalie en 1992, pour mettre fin à la guerre des clans et à la famine qui l’accompagne dans un pays totalement déstructuré
· Intervention au Rwanda en 1994 où la France est autorisée à employer « tous les moyens » pour faire cesser le génocide des tutsis par les Hutus (800 000 victimes et 2 millions de réfugiés au Congo)
· Intervention à Haïti en 1994 pour renverser le président Aristide et rétablir la démocratie
3. Les avancées du droit international
· En 1993, l’ONU crée le Tribunal Pénal pour l’ex-Yougoslavie (En 2001, le dirigeant serbe Milosevic, arrêté, est traduit devant la Haute Cour)
· En 1994, elle crée un Tribunal pour le Rwanda
· En 2002, une Cour pénale internationale est créée pour juger les individus coupables de crimes contre l’humanité mais ni les EUA, ni la Chine, ni les états du Proche Orient ne reconnaissent son autorité.
b) L’évolution de l’interventionnisme américain
1. L’interventionnisme assumé d’une présidence à l’autre, mais avec des nuances
· George Bush : politique réaliste, action des EUA en concertation avec leurs alliés, mais pas d’exportation des idéaux US (suspension des relations avec la Chine après le massacre de la place Tien An Men en 89 qui fait 700morts, mais les relations commerciales continuent)
· Bill Clinton : limiter le recours à la force, mener une diplomatie du négoce et de la négociation
· G.W. Bush : user de la supériorité militaire américaine et ne pas les laisser entraver par l’ONU, imposer la démocratie de l’extérieur
2. Une diplomatie de plus en plus unilatérale
1.1. Absence de rivalité pour les EUA à la surface du globe
· Les EUA ont désormais un statut d’hyperpuissance et aucun autre état du monde n’est en mesure de rivaliser avec eux.
· Russie affaiblie cantonnée dans un rôle régional : elle a même du mal à assumer sa doctrine de « l’étranger proche » formulée en 1993 (droit d’intervention dans l’espace correspondant à l’ancienne URSS)
· Chine en ascension mais tournée essentiellement sur des préoccupations de développement économique et social
· Japon, grande puissance économique mais toujours nain politique
· UE divisée sans véritable politique extérieure et de défense commune
1.2. Une volonté de protéger prioritairement les intérêts américains
· Sanctions unilatérales à l’encontre des pays qui selon les EUA menacent la paix du monde (embargo sur le commerce avec l’Iran ou la Libye)
· Refus de ratification d’accords internationaux :
· Refus du protocole de Kyoto de 1997 pour la réduction des gaz à effet de serre qui risquerait de pénaliser l’industrie américaine
· Refus de reconnaître la nouvelle Cour pénale internationale de 2002
3. Les interventions dans le monde
· Les EUA sont le plus souvent le bras armé de l’ONU (Somalie, Haïti)
· L’OTAN leur permet de conserver un rôle dans le maintien de l’ordre en Europe (conflit yougoslave : Bosnie et Kosovo)
2°) Des menaces nouvelles
a) Les replis identitaires : un monde de plus en plus éclaté
· La disparition du conflit idéologique entre libéralisme et communisme et les menaces réelles ou supposées d’uniformisation culturelle par la mondialisation ont fait resurgir au premier plan les préoccupations identitaires :
· Religieuses : cf. instrumentalisation de l’Islam par les intégristes, conflit entre Hindous et Pakistanais
· Nationalistes : cf. ex-Yougoslavie
· Ethniques : Afrique noire
· Linguistiques
· Le communautarisme, expression de ce repli identitaire est un véritable fléau
· Il se traduit par l’exclusion de l’autre et génère immanquablement de la violence.
· Il se traduit par l’affaiblissement des états, par l’implosion des états multiethniques, par la multiplication des guerres civiles
b) La prolifération des armes de destruction massive
1. Le marché des armes conventionnelles continue à bien se porter
· La multiplication des conflits pousse de nombreux états à dépenser davantage pour s’équiper (Moyen-Orient, Afrique)
· Nombre de dictatures dans le monde ont partie liée avec l’armée qui les soutient et maintient l’ordre ; elle est donc l’objet de toutes les attentions et des faveurs des dictateurs.
· Vente à bas prix par la Russie des équipements militaires classiques qu’elle ne peut plus entretenir en direction des pays pauvres
2. L’extension du risque nucléaire : le problème de la dissémination
· Exportation de chercheurs et de scientifiques largement mieux payés à l’étranger : dissémination des secrets et de la technologie nucléaire ?
· Possibilité de mise au point de « bombes sales »
· Officiellement il existe 5 puissances nucléaires : les cinq grands
· En réalité d’autres pays ont acquis l’arme nucléaire : Inde, Pakistan, Israël
· D’autres ont cherché (Irak) ou cherchent à l’obtenir : Iran, Corée du sud
3. La dissémination des armes chimiques et bactériologiques
· Technologie beaucoup moins sophistiquée que le nucléaire
· Armes de destruction massive des pays pauvres (Iran, Libye, Irak)
c) La permanence et l’aggravation de la menace terroriste
· Permanence : autrefois lié à l’extrême gauche (Brigades rouges italiennes, Bande à Bader en RFA) dans les années 70 ou au mouvement palestinien (Arafat ; attentat des JO de Munich, détournements d’avions…) ou à la guerre du Liban (prises d’otages) ou encore à l’action d’états terroristes (Libye de Kadhafi)
· Aggravation : dimension de plus en plus transnationale et montée de l’islamisme : (voir ci-dessous, dans le B. et le C.)
3°) La multiplication des conflits locaux dans le monde
a) Le conflit de l’ex-Yougoslavie : le retour de la guerre en Europe
· voir cours sur l’Europe de la construction européenne à la réunification :1945-2005
b) Le Proche et le Moyen-Orient : zone de turbulences et de tensions permanentes
· voir cours spécifique sur la question du Proche et du Moyen-Orient
c) Le conflit indopakistanais : un conflit récurrent.
d) l’Afrique déchirée
1. Une instabilité politique permanente
· Coups d’état fréquents : Mali 91, Niger 96 et 99, Congo-Brazzaville 1997
· Guerres civiles interminables (Sierra Leone, Libéria, Côte d’Ivoire, Nigeria, Soudan)
· Génocide de la minorité tutsie en 94 au Rwanda
· Racisme anti-blanc du régime du Zimbabwe
2. Sur toile de fond
· D’impuissance politique : incurie et corruption des gouvernements locaux, excès des dépenses militaires, dette paralysante
· De sous-développement endémique
· D’épidémie de SIDA et d’accroissement de la mortalité
B. LA CONTAGION DE L’ISLAMISME
· Quelques précisions de vocabulaire
· Le terme Islam : Il signifie « soumission » et constitue le nom de la religion qui se définit par la référence au Coran (Al Quram : la récitation) qui représente, selon les musulmans, la parole de Dieu transmise par l'Archange Gabriel au Prophète Mahomet, dernier des envoyés divins.
· Le terme « musulman » qualifie un adepte de l’islam.
· « L’Oumma » est la communauté des croyants : elle abolit les frontières des Etats au profit d'un espace géopolitique appartenant au peuple de Dieu.
· Ne pas confondre arabe et musulman : une grande majorité des arabes est de confession musulmane , tous les musulmans ne sont pas arabes.
· Le terme « islamiste » est synonyme d’intégrisme islamique, qu’il s’agisse d’un individu, d’un groupe ou d’un pays.
· Ce n'est pas une doctrine théologique mais un concept qui désigne l'utilisation politique de l'Islam.
· Il s’agit d’imposer à la Société et à l'Etat d'un pays le modèle rigoureux de l'Islam originel par la refonte des normes juridiques et politiques en vigueur en fonction de la Charia (loi islamique).
· Le terme « islamique » est ambigu : il est parfois synonyme de musulman, mais un régime islamique est en fait un régime islamiste…
· Le Fondamentalisme est la volonté du retour aux textes fondamentaux de l'Islam dans une lecture littérale
1°) La nature de l’islamisme : qu’est ce que l’islamisme ?
a) L’islamisme se veut une réponse à la faillite des idéologies antérieures
· Alternative à l’échec du nationalisme qui a assuré l’indépendance mais n’a pas apporté le développement.
· Alternative au panarabisme qui a totalement échoué lui aussi.
· Alternative au capitalisme et au matérialisme impie, avec un rejet tout aussi viscéral de la modernité culturelle qu’il engendre et qui balaye les valeurs traditionnelles.
· Alternative à la crise globale du communisme et à l’échec des voies socialistes de développement (cf. désastre économique de l’Algérie)
· La révolution islamique va couper les ponts avec les deux civilisations prises jusqu’alors pour modèle et cela va évidemment avoir un effet déstabilisateur sur le monde.
· L’islamisme considère avoir joué un rôle capital en Afghanistan dans l’effondrement de l’URSS et du communisme (L’armée rouge quitte l’Afghanistan en 89 et le mur de Berlin s’effondre quelques mois plus tard). Il s’agit donc ensuite de s’attaquer aux Etat-Unis, à Israël et à l’Occident.)
b) Un dangereux extrémisme religieux et politique
1. L’intégrisme islamique ou fondamentalisme islamique
· Il faut respecter scrupuleusement l’intégrité de la tradition islamique, lui rendre toute sa force, et s’en tenir à une interprétation littérale du Coran.
· La Charia, c’est à dire la loi islamique, doit être source de toute législation : non seulement le Coran doit régir le comportement religieux, mais il doit aussi constituer un code pour la vie sociale et politique, être en la matière la référence exclusive.
· L’islamisme est caractérisé par le fanatisme et l’intolérance et il porte donc en lui-même l’action violente et terroriste :
· Les ennemis de l’islam, les hérétiques et les infidèles doivent être éliminés par la guerre sainte, la « Jihad » : ou ils se convertissent ou il meurent.
· Aux martyrs de cette cause les imams promettent le paradis.
· L’islamisme est largement réactionnaire,
· La référence à la société mythique des premiers temps de l’Islam est constante : les islamistes se veulent les défenseurs des valeurs originelles de l’Islam
· Le rejet de la pensée scientifique est total, de même que celui de la démocratie et de la liberté considérées comme des inventions humaines contraires au Coran
· Sujétion totale des femmes,
· Rejet de la mixité, de l’alcool, du tabac, des jeux de hasard, de la musique, du cinéma
· L’antisémite est érigé en valeur fondamentale.
2. Une stratégie expansionniste
· Le prosélytisme est fondamental, la conversion, de gré ou de force, une nécessité absolue
· Une stratégie en trois temps
· Conquérir toutes les régions musulmanes pour y imposer l’intégrisme partout, en renversant les régimes dictatoriaux et corrompus considérés comme des ennemis de l’Islam (ennemi proche)
· Déstabiliser l’occident
· Par l’intermédiaire des communautés musulmanes qui y vivent en en prenant le contrôle (financement de mosquées, formation d’imams, associations caritatives et communautaristes locales)
· Par le terrorisme international et la guerre contre cet ennemi lointain : le Jihad
· Convertir l’Occident et le monde entier à l’islamisme pour instaurer partout des états islamiques sous l’autorité d’un califat mondial.
3. Une nouvelle forme de totalitarisme
· Après le communisme et le fascisme, l’islamisme constitue le troisième totalitarisme
· Mêmes pratiques dictatoriales et même absence de libertés
· Même pensée unique, même contrôle d’un parti unique, celui des religieux, sur l’état et la société
· Même usage de la terreur de masse comme moyen de gouvernement
· Même phraséologie révolutionnaire
· Même volonté de construire un homme nouveau
2°) L’expansion de l’intégrisme islamique
a) Un contexte porteur
· Développement sur fond de crise économique et sociale avec un chômage et un taux d’analphabétisme élevés
· Développement sur fond de sentiment d’humiliation du monde musulman, au moins dans le monde arabe, car ce n’est le cas ni en Turquie, ni en Extrême-Orient
· La corruption et l’autoritarisme des régimes politiques en place dans les pays musulmans interdisent toute forme opposition démocratique et la mosquée apparaît dès lors comme un refuge voire comme un espace de liberté.
· Opposition à Israël et aux EUA considérés comme le « grand Satan »
b) Des courants proches mais distincts
1. Le wahhabisme :
· Conception conservatrice, très dogmatique et particulièrement puritaine de l’Islam, mais sans contestation de l’ordre politique,
· En vigueur en Arabie, son berceau.
· Doctrine fondée par Abd Al Wahhab (1720-1792) censée être celle des "salafi" (successeurs de Mahomet)
· Les Wahhabites prônent le "tahrib" (la contrainte) pour imposer l’islam
2. Le Salafisme
2.1. Caractères d’ensemble
· De Salaf, ancêtre, il prône aussi le retour au chemin des ancêtres, aux valeurs les plus authentiques de l'Islam.
· Interprétation figée des textes sacrés, hostile à toute innovation.
· Il prend sa source dans le Wahhabisme mais il conteste l’ordre politique en place dans les pays musulmans.
2.2. Evolution et division
· Réformisme à l’origine (quant à ses méthodes bien sûr car réactionnaire sur le fond)
· « Les Frères musulmans »
· Association née en Égypte en 1927 qui introduit une véritable politisation de l’Islam et nourrit dès lors l’ensemble de la mouvance islamiste.
· Fondateur, Hasan al-Banna’ (grand père de Tarik Ramadan…)
· Essaimage dans l’ensemble du Proche-Orient arabe mais développement d’une organisation autonome et de stratégies spécifiques dans chacun des pays où ils se sont implantés.
· Essor du Jihadisme avec la guerre d’Afghanistan
· le Djihad qui, dans sa conception traditionnelle est d'abord un effort personnel et permanent que tout musulman doit faire sur soi-même pour se rapprocher de Dieu, devient pour le croyant un devoir personnel et impérieux de lutter contre les adversaires de sa religion.
· Le salafisme djihadiste est né au milieu des années 1980 en Afghanistan, à l’époque du djihad contre l’occupation soviétique
· Radicalisation avec refus de tout compromis avec les gouvernements qui n'obéissent pas aux vraies lois de l'Islam et appel à la guerre civile
· Evolution d’une stratégie de lutte contre l’ennemi proche (Jihad défini comme putsch armé) à une stratégie de lutte contre l’ennemi lointain (terrorisme et attentats-suicides)
· Exemples :
· Groupe « gama’a islamiyya » : stratégie de guérilla de proximité avec harcèlement et assassinats des représentants de l’autorité, des chrétiens égyptiens, des touristes, si possible israéliens.Le carnage de touristes à Louqsor en 97 coupe le groupe de ses derniers soutiens populaires
· Groupe Al Qaida : Ben Laden, le financier saoudien, et Zawahiri, l’idéologue égyptien (pour ce dernier, les jihadistes sont l’avant-garde éclairée et combattante de l’Oumma)
c) Les pôles de la subversion islamiste
1. Des états
· Dans le monde musulman chiite 3: l’Iran
· Une véritable révolution en 78-79 mobilisant les masses populaires deshéritées et les commerçants du bazar : c’est un cas unique car il n’y a aucun processus semblable dans le monde sunnite.
· Si l’ayatollah Khomeiny est mort en 1989, le régime a peu évolué depuis. Il souhaite constituer une espèce de croissant chiite de l’Iran au Liban en passant par l’Irak
· Dans le monde musulman sunnite4
· L’Afghanistan de 1996 à 2001
· L’extrémisme est poussé à son comble par le régime des talibans de 1996 à 2001, qui soutient activement le terrorisme international
· Mais le régime taliban, installé avec le soutien du pakistan et de l’Arabie Saoudite, et avec la bienveillance initiale des EUA, est démantelé par l’intervention américaine consécutive aux attentats du 11 septembre.
· L’Arabie saoudite est et reste le principal pôle subversif
· Allié des EUA : pétrole saoudien contre sécurité américaine
· Mais les dirigeants wahhabites financent les intégrismes musulmans et le terrorisme, qui se retourne aujourd’hui contre l’Arabie qui a ouvert la boîte de Pandore…. Ce sont aussi des capitaux saoudiens qui financent la plupart des mosquées en occident.
· De plus en plus d’états deviennent islamiques et appliquent strictement la charia
· Dans le monde arabe : Yemen, Libye …
· En Afrique noire :
· Le Soudan surtout : prise du pouvoir de Hassan El Tourabi en 1989 par un coup d’état ( plaque tournante du terrorisme international
· La Mauritanie aussi et expansion dans la zone sahélienne et destabilisation des états du golfe de Guinée ( Nigéria, Côte d’Ivoire …)
· En Asie méridionale :
· Pakistan (1977)
· Républiques d’Asie centrale issues de l’éclatement de l’URSS un peu plus tard.
2. Des mouvements d’opposition puissants dans les pays musulmans non-islamiques
2.1. Une vigoureuse répression par les forces politiques au pouvoir
· En Syrie en 1982, révolte des « Frères musulmans » de la ville de Hama en Syrie en 1982 (répression violente de Assad : 20 000 morts …)
· En Egypte les « Frères musulmans » assassinent le Président Sadate et multiplient les attentats pour faire fuir les étrangers et notamment les touristes, mais aussi contre le président Moubarak ; répression par le pouvoir
· En Algérie,
· le FIS5, travaille beaucoup à la base en menant un processus d’islamisation par le bas et en relayant les carences de l’état en matière d’éducation de santé…Il remporte les élections en 1992, mais est dissous par le pouvoir militaire qui impose l’état d’urgence.
· Les GIA6 prennent alors le relais en pratiquant le terrorisme. C’est alors une véritable guerre civile de dix années qui ensanglante l’Algérie qui bascule dans l’horreur : plus de 100 000 morts !
· En Tunisie, le président au pouvoir, mène une politique répressive efficace contre les mouvements islamistes.
2.2. Globalement, échec des jihad locaux.
· L’objectif premier du terrorisme, la conquête du pouvoir dans les pays musulmans grâce à la mobilisation des masses de l’Oumma galvanisés par l’audace du Jihad relayée par les moyens modernes de communication n’a pas réussi : aucune mobilisation conjointe des masses de la jeunesse urbaine pauvre, de la classe moyenne pieuse et de l’intelligentsia islamique n’en est résultée pour s’emparer du pouvoir
· La lutte des EUA contre le terrorisme a au contraire affaibli les positions des extrémistes ( perte de l’Afghanistan, affaiblissement des réseaux, pressions sur l’Arabie saoudite)
3. Une volonté expansionniste manifeste,
· Particulièrement visible en Afrique subsaharienne, notamment au Soudan et au Nigeria
· A partir de la Tchétchénie : en Russie, la Tchétchénie est devenue une plaque tournante de l’islamisme et du terrorisme international, mais elle se heurte à l’intransigeance totale de Moscou et à la fermeté de son président V. Poutine.
· En Bosnie, lors de l’éclatement de la Yougoslavie, véritable guerre qui aboutit au partage etnique du pays entre serbes et bosniaques.
· A partir des quartiers de banlieue en Occident
3°) Le terrorisme islamiste.
a) Une organisation en réseau.
· Des réseaux transnationaux clandestins et cloisonnés.
· Exemple : Al-Qaïda7, financé par le milliardaire d’origine saoudienne Ben Laden, qui est à l’origine de multiples attentats, surtout contre les intérêts américains et saoudiens.
· 1996 : déclaration de jihad contre les américains
· Fev 98 : Déclaration Ben Laden et Zawahiri :
· Création d’un « front islamiste international contre les croisés et les juifs »
· Appel à « tuer les Américains et les juifs partout où ils se trouvent »
· Le Londonistan désigne différents groupes et leaders islamistes qui sont venus s’installer dans la capitale britannique, des frères musulmans jusqu’aux salafistes djihadistes : c’est l’un des centres de l’internationale islamiste.
· Les groupes islamistes
· Développent dans un premier temps des activités caritatives pour étendre leur influence
· Noyautent communautés et mosquées avec des imams autoproclamés
· Utilisent les avantages et les faiblesses des démocraties occidentales et leur esprit tolérance pour s’épanouir et les combattre en vue de leur disparition.
· Une excellente maîtrise des techniques de communication modernes
· Les chaînes de télévision comme Al Jezeera, chaîne du Qatar, et autres chaînes arabes par satellite (cf diffusion de cassettes audio ou video de groupes terroristes)
· Une multitude de sites internet islamistes
· Transferts financiers par internet
· En fait une multitude de mouvements souvent hostiles les uns aux autres, une nébuleuse avec des rivalités internes nombreuses.
b) Le terrorisme instrument du jihad :
1. L’arme de l’attentat suicide.
1.1. Le terrorisme anti-juif
· Le Hezbollah libanais est créé en 82 à l’instigation des services secrets iraniens pour devenir leur bras armé dans le désordre libanais ; prises d’otages, attentats suicides.
· La méthode de l’attentat suicide est alors transposée en Cisjordanie et à Gaza par l’intermédiaire du Hamas et du Jihad islamique, et il est tourné contre les Juifs. La lutte palestinienne se transforme en jihad avec la seconde intifada nommé par Arafat « intifada d’Al Aqsa » en septembre 2000, véritable aubaine pour les jihadises.
· Le terrorisme anti-juif en Palestine a un côté immédiat et passionnel, face à un ennemi proche clairement identifié. Il recrute dans les milieux populaires
1.2. Le terrorisme anti-américain : la lutte s’étend à l’ennemi lointain
· Premier attentat contre le world trade center en 93
· Attentats contre les ambassades américaines à Dar-Es-Salam en Tanzanie et à Nairobi au Kenya le 7 août 98
· Attentat contre le navire de guerre USS Cole dans le port d’Aden
2. Le tournant du 11 septembre
· C’est différent pour le 11 septembre :
· L’ennemi est lointain, construit, figuré par le raisonnement de « l’élite » et des « intellectuels islamistes » ;
· Les futurs « martyrs » doivent être préparés soigneusement à cette tâche et leur volonté doit être totalement sous contrôle, comme dans une secte, ce qui suppose le lavage de cerveau qui va métamorphoser des étudiants ou intellectuels de classes moyennes en tueurs fanatisés travaillant dans la durée jusqu’au moment décisif.
· Les préparatifs sont de longue durée et nécessitent une organisation très stricte et performante.
· Utilisation de la soumission, de la sujétion au chef, avec obéissance absolue, dans tous les cas.
Conclusion partielle
· Cette montée de l’intégrisme est d’autant plus importante qu’elle est largement centrée sur le Moyen-Orient, c'est-à-dire dans une région très turbulente de la planète.
· Il s’agit à la fois d’un nouveau modèle de totalitarisme et d’une menace pour la paix dans la mesure où cette perversion de l’Islam est synonyme d’intolérance, de violence et d’expansionnisme… Il contribue donc largement à accentuer le désordre contemporain.
C. L’Après 11 septembre 2001.
1°) Les attentats du mardi 11 septembre 2001
a) Des attentats en série au cœur même des EUA,
· Ils sont perpétrés par Al Qaïda
· Ils touchent les symboles de la puissance américaine, au plan économique comme au plan politique, dans les deux capitales du pays
· Ils s’enchaînent en quelques heures seulement
· Les deux tours du World Trade Center de New-York, les « Twin Towers », sont percutées par deux avions de ligne détournés par des commandos kamikazes, à 8 h. 48 pour la première, 18 minutes plus tard pour la seconde. Les caméras de télévision retransmettent en direct la catastrophe. Elles s’effondrent quelques temps plus tard, à 9 h 55 pour la tour sud, à 10 h. 35 pour la tour nord
· C’est un symbole de la puissance américaine qui est frappé
· C’est aussi un symbole de l’Occident, de ses activités puisqu’une quarantaine de nationalités du monde industrialisé s’y côtoyaient
· A 9 h.47, un troisième avion s’abat sur le Pentagone à Washington et une partie du bâtiment s’embrase
· A 10 h.10 un quatrième avion s’écrase à Pittsburgh, suite au soulèvement des passagers, mais il était probablement destiné à Washington (Capitole : siège du Congrès)
b) Un bilan tragique
· 3000 morts environ, tous innocents !
· Un choc pire que Pearl Harbor
· Car ce n’est pas un acte de guerre d’un état contre un autre état et sur un objectif militaire : un petit groupe déterminé peut désormais acquérir et mettre en œuvre une capacité de destruction autrefois réservée aux seuls Etats
· Car jamais auparavant les EUA n’avaient été frappés sur leur propre territoire métropolitain : pour la première fois ils éprouvent un sentiment de vulnérabilité, leur territoire n’est plus un sanctuaire préservé.
c) Un tournant dans la politique américaine
· « America first » et « Sécurité d’abord » : les deux slogans qui inspirent la politique américaine depuis le 11 septembre.
1. « Sécurité d’abord » Les EUA s’estiment en état de guerre contre le terrorisme
· La seule réponse possible aux attentats est de frapper les ennemis potentiels des EUA là où ils sont installés.
· Les EUA dénoncent les états voyous et déclarent la guerre à « l’Axe du Mal » (Corée du Nord, Iran, Irak)
· Ils adoptent le principe de la « guerre préventive » indispensable selon eux pour prévenir de nouveaux attentats du type 11 septembre
2. « America first » : l’Amérique en premier
· Il s’agit pour eux de défendre unilatéralement leurs intérêts sans se soucier de l’approbation internationale,
· Ils entendent cependant regrouper autour d’eux des alliés s’alignant sur leur politique prétendant défendre un modèle de civilisation. En fait la politique américaine repose largement sur la thèse du « choc des civilisations » développée par Huntington et le courant néoconservateur américain (avec une analyse de même nature que celle des islamistes : la guerre inévitable)
2°) Les réponses militaires américaines : de l’Afghanistan à l’Irak
a) La guerre d’Afghanistan : 2001
· Riposte aux attentats revendiqués par Ben Laden qui s’abrite en Afghanistan avec la complicité du régime islamiste des talibans.
· Décembre 2001 : intervention militaire de quelques semaines, avec un très large soutien international
· Le régime des talibans est renversé, mais Ben Laden s’échappe et disparaît…
· Un gouvernement provisoire est mis en place et une force de l’ONU s’efforce de garantir la sécurité sur place, mais celle-ci persiste cependant et les rivalités tribales n’arrangent rien
b) La guerre d’Irak : 2003
· Sous le prétexte que l’Irak de Saddam Hussein disposerait d’armes de destruction massive menaçant les EUA et l’Occident et soutiendrait Al-Qaïda, le Pt Bush décide de s’attaquer ensuite à l’Irak.
· L’opinion internationale est très divisée sur l’opportunité d’une telle intervention
· Les EUA peuvent compter sur le soutien sans faille de la GB, sur celui de l’Espagne, de l’Italie, de la Pologne. 34 pays participent à la coalition sous égide américaine
· Ils se heurtent à l’opposition de la France, de l’Allemagne et de la Russie qui estiment qu’il faut faire prévaloir la diplomatie et l’ONU et ainsi tenter d’éviter la guerre.
· En fait il n’existe aucune arme de destruction massive en Irak …et il n’y a pas davantage de liens entre Saddam Hussein et Ben tenu : ce n’est là qu’une vaste entreprise d’intoxication par la propagande !... Un énorme mensonge et rien d’autre !
· Un rapide succès militaire :
· Mars 2003, attaque de l’Irak par une coalition militaire essentiellement américano-anglaise, dont la supériorité technologique est écrasante.
· Bagdad tombe aux mains des Américains le 9 avril après trois semaines de combat et le régime de Saddam Hussein s’effondre complètement.
· Ce dernier est capturé en décembre 2003
c) Les limites de la réponse militaire américaine
1. En Irak, c’est rapidement le désordre le plus total : l’enlisement n’est pas à exclure.
· La défaite du régime a en fait entraîné la dislocation totale de l’état et de l’administration ! C’est donc l’anarchie et les seules structures qui subsistent sont donc des structures religieuses qui se radicalisent …
· Incapacité des EUA à rétablir la situation économique, difficulté à instaurer la démocratie malgré le succès des élections du début 2005, difficulté à surmonter les rivalités entre chiites, sunnites et kurdes.
· Insécurité permanente du fait de la multiplication des attentats et des prises d’otages en Irak, car l’intervention américaine est considérée comme une nouvelle humiliation pour les Arabes et elle attire les terroristes et islamistes du monde entier, notamment le Jordanien Al-Zarkaoui, émule de Ben Laden
2. Le réseau Ben laden est très affaibli mais le terrorisme international continue,
· Il s’exerce d’une manière plus localisée mais toujours très spectaculaire:
· Dans un premier temps, attentats peu efficaces qui tuent surtout des musulmans ce qui déprécie l’image des salafistes jihadistes (Bali 2002, Casablanca 2003, Ryad 2003, Istanboul 2003)
· L’attentat de Madrid (2 ans ½ après le 11 septembre) constitue une reprise en main des opérations par des professionnels d’Al Qaida.
3. Les difficultés américaines dans la lutte contre le terrorisme
· Difficulté pour les EUA à identifier Al Qaida car c’est un réseau dont le centre est impalpable et non pas un état comme auparavant l’URSS ;
· Dans un premier temps c’est la destruction de la base afghane qui est privilégiée, puis pressions sur l’Arabie Saoudite, puis élimination de l’état voyou de Saddam Hussein.
· Cette stratégie est opérationnelle mais elle manque son objet : pas d’éradication d’ Al Qaida malgré son considérable affaiblissement
· Difficulté pour les EUA à identifier un ennemi qui ne se déclare pas, ne revendique rien, s’efforce de se fondre dans la masse des musulmans.
Conclusion
En 2005, bien des incertitudes encore, mais quelques germes d’optimisme
· La démocratie est susceptible de progresser au proche-Orient : élections libres en Irak, élections libres en Palestine après la mort d’Arafat, promesse d’élection présidentielle pluraliste en Egypte, renaissance d’un espoir de paix entre Israël et la palestine, hostilité des Libanais à l’occupation syrienne de leur pays… sans compter l’arrêt antérieur de la guerre civile en Algérie. Mais les hypothèques sur l’avenir restent très lourdes : Irak, Iran, Arabie
· Le salafisme jihadiste reste très dangereux mais le « Jihad » a aussi suscité la « Fitna » : division du monde musulman, chaos et affaiblissement et force est de constater que dans l’histoire contemporaine, le terrorisme n’a jamais réussi à mobiliser les masses et à l’emporter…
Le XXème siècle a vu se développer deux totalitarismes avec le fascisme et le communisme. Il fallut la secondce guerre mondiale pour éradiquer le premier, près d’un demi-siècle pour que le second s’effondre. Mais c’est à ce moment là que se développe une nouvelle menace totalitaire avec l’islamisme qui constitue une véritable déclaration de guerre et une menace sur la démocratie. Du devenir de cette menace dépend cependant d’abord le destin du monde musulman : progrès ou irrémédiable déclin ? En dépend aussi la paix à la surface du globe.
Le XXIème siècle semble devoir être celui de nouveaux géants. L’hyperpuissance américaine est désormais la seule à exister. De nouveaux pôles de puissance se développent rapidement au premier rang desquels la Chine, et dans une moindre mesure l’Inde. Quelle place l’Europe saura-t-elle trouver à côté de ces géants ? Mais le XXIème siècle, c’est aussi celui de défis considérables pour la planète, notamment celui du développement et celui de l’environnement.
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